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Ticket to Tokyo

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Un feu d’artifice immobile, un bouquet d’idéogrammes rétroéclairés, un jour artificiel découpé dans le noir ardoise du ciel absent.
Uniqlo, McDonald’s, Sony et le pingouin bleu au sommet de l’immeuble Don Quijote : des rues éclaboussées par les mosaïques promotionnelles d’une nuit sponsorisée.
J’avance au hasard, en rasant les murs, en évitant le va-et-vient aveugle des passants pressés. Des centaines de visages, rivés sur des écrans, des milliers de halos lumineux ; Tokyo et ses nuits inversées : un ciel de charbon, des trottoirs constellés d’étoiles.

 

Couv-Tokyo

J’ai terminé Ticket to Tokyo (le quatrième volume de la collection) en novembre de l’année dernière, sans électricité, en m’éclairant a la bougie, tandis que Koh Phangan sombrait sous les précipitations ininterrompues d’une mousson apocalyptique. 
Un matin j’ai tapé le point final, exporté mes fichiers, enroulé un disque dur dans du papier journal, rejoint le bureau de poste en slalomant entre les débris et les coulées de boue et voilà.

Ensuite ? J’ai dû rentrer, boire un verre, deux, j’ai peut-être regardé la pluie par la fenêtre, peut-être un peu trop longtemps ; finir un livre ça anesthésie.

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Six mois plus tard, je termine une série de prises de vue à Bangkok, la semaine prochaine je dois passer à Paris, avant de partir vers Séoul, avant Singapour, avant de retourner au Japon, avant Los Angeles, New York avant New Delhi. 
Et Tokyo, c’est déjà tellement loin ! Entre mon livre et moi il y a ce truc que j’appelle « le décalage horaire de l’édition » : cette distance entre le dernier mot et la sortie du livre. Des mois d’attente pendant lesquels la vie continue.

Mais il reste les histoires, les images que je ai glissées entre les lignes et les pages d’un livre que je m’apprête à partager avec vous. Ce livre, c’est un voyage. Le vôtre, le mien, celui de la personne à qui vous l’offrirez. C’est un instantané de Tokyo, une tentative un peu naïve de capturer la ville « comme elle est ».
Ce n’est pas exhaustif, c’est volontairement bordélique. C’est une invitation à vous perdre, à sauter un chapitre, à revenir en arrière. Ce sont des souvenirs, les miens, peut-être certains des vôtres. Ce sont des morceaux de ville, sans artifices, quelques nuits blanches ; c’est l’éclat des néons ; c’est la pluie sur Shibuya ; un rayon de soleil sur une lanterne en papier doré.

C’est un aller simple, un Ticket pour Tokyo, une aventure qui, j’espère, vous plaira…

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