12 films pour voyager (partie 1)

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Premières lignes du générique et l’envie de décoller déboule, on rêve d’espace, de route et d’horizon. Il y a des films qui vous touchent, d’autres qui vous déplacent, vous bousculent et vous balancent d’un hémisphère à l’autre.

C’est une liste, encore une. Ce sont quinze films de voyage, quinze films pour voyager. Ce sont quinze bonnes raisons de partir ou quinze façons de patienter avant de vous envoler.

C’est un peu le bordel, il y a de tout. Tout pour vous filer des envies, des fourmis dans les jambes. À vous de piocher et de choisir ce qui vous fait décoller : la poussière rouge des routes de l’Ouest, les eaux turquoises de la Thaïlande ou la promesse d’une rencontre dans une ville inconnue. (Sinon Brad Pitt, Johnny Depp et Harrison Ford pour les filles qui seraient plus remuées par les jolis mecs que les beaux paysages).

Alors, comme d’hab, prenez un ticket, bouclez votre sac, agrippez votre passeport et laissez-vous balader de Petra à Lhassa, les yeux sur l’écran, sans quitter votre chaise.





Indiana Jones and the Last Crusade
Steven Spielberg – 1989
(bande-annonce) 

Listen. Since I’ve met you I’ve nearly been incinerated, drowned, shot at, and chopped into fish bait. We’re caught in the middle of something sinister here, my guess is dad found out more than he was looking for and until I’m sure, I’m going to continue to do things the way I think they should be done.

L’archéologue aventurier Indiana Jones se retrouve aux prises avec un maléfique milliardaire. Aux côtés de la cupide Elsa et de son père, il part à la recherche du Graal.

À quoi bon faire un commentaire quand tout est si simple à résumer : un chapeau, un fouet et un sourire en coin. Indiana Jones définit le genre, les codes. Il est l’aventurier. Il incarne l’aventure. Indie c’est une icône qui ne nécessite plus aucune justification.

Pourquoi le troisième volet ? Parce qu’il rassemble tous les éléments clés de la série, que c’est à mon sens le plus abouti de la trilogie (un quatrième film ? Non, pas que je sache) et que c’est le seul que j’ai pu voir au cinéma. Cascade, bagarre, quête du Graal et Allemande blonde un peu garce : tout ce qu’il faut pour transformer un môme de huit ans en voyageur. Merci Dr Jones !

Ce qui fait voyager :
Pas mal de choses à commencer par le thème principal de John Williams qui met un sacré coup de pied aux fesses, mais aussi une ambiance générale de voyage, d’aventure ultra communicative sans oublier la chevauchée vers le temple de Petra et les fameux plans de carte avec un avion qui se déplace en pointillé…

Sinon, j’ai eu une copine qu’Harrison faisait pas mal voyager aussi ;)

Thelma & Louise – Ridley Scott – 1991
(bande-annonce) 

I feel really awake. I don’t recall ever feeling this awake. You know? Everything looks different now. You feel like that? You feel like you got something to live for now ?

Deux amies, Thelma et Louise, frustrées par une existence monotone l’une avec son mari, l’autre avec son petit ami, décident de s’offrir un week-end sur les routes magnifiques de l’Arkansas. Premier arrêt, premier saloon, premiers ennuis et tout bascule. Un évènement tragique va changer définitivement le cours de leurs vies.

Un cadavre sur les bras et les flics aux fesses, le road trip de ces deux copines commence de façon assez peu sympathique. Pas de bol, pour le week-end tranquille, finalement c’est mal barré. Heureusement, très vite, le drame s’efface devant le sentiment de liberté qui émane du film, des routes majestueuses de l’Ouest américain, de cette voiture en fuite vers l’horizon. 
Le film souligne bien cette idée de voyageur qui voudrait que l’itinéraire compte plus que la destination. Finalement de cette course poursuite on ne retiendra que les bons moments, les fous rires et l’intensité du voyage initiatique de Thelma et Louise, fuyant leur vie, échappant à la routine, les yeux fermés et le sourire aux lèvres…

Ce qui fait voyager :
Une heure et demie de paysages fantastiques, de poussière rouge, de ligne droite dans le désert américain au volant d’une décapotable Thunderbird de 1966.

Arizona Dream – Emir Kusturica – 1993
(bande-annonce) 

 Columbus wouldn’t think I was crazy for building a flying machine, because history is all dreams. No rules or books. It’s just there, waiting to be discovered like when Columbus found this place. I don’t know if he found his dream.

Installé à New York après la mort de ses parents, Axel Blackmar mène une vie heureuse, recensant les poissons pour le compte du département de la pêche et de la chasse. Mais son oncle Leo, vendeur de voitures en Arizona sur le point de se remarier, le rappelle pour lui servir de témoin et, espère-t-il, de repreneur. Sur place, Axel va se retrouver balloté entre ses propres rêves, ceux de deux femmes, ceux de son oncle…

C’est l’histoire d’un mec. D’un mec et d’un poisson. L’histoire de Grace qui se verrait bien devenir une tortue, de Paul qui se prend pour Cary Grant, d’Elaine qui voudrait voler et d’Axel qui rêve d’Eskimos. Arizona Dream c’est un peu la vie, triste, drôle, teintée d’absurdités. Une fable sur la famille, l’amour, l’envie de fuir, les Eskimos, les poissons et les machines volantes. 
Un conte sur le passage à l’âge adulte, un film magique, qui ne laisse pas indifférent pour peu qu’on ait une bonne dose de fantaisie et une certaine tendance à la rêverie.

Ce qui fait voyager :
Les paysages de l’Arizona, les machines volantes, les poissons argentés et les ambulances qui décollent vers la lune. (et la BO fantastique signée Iggy Pop et Goran Bregovic)

Before Sunrise – Richard Linklater – 1995
(bande-annonce) 

If there’s any kind of magic in this world it must be in the attempt of understanding someone sharing something. I know, it’s almost impossible to succeed but who cares really ?  The answer must be in the attempt.

Jeune américain de passage en Europe, Jesse aborde Céline, étudiante française, dans un train entre Budapest et Vienne. À Vienne, il lui demande de descendre pour l’accompagner dans une visite de la ville pendant les 14 heures qui le séparent du décollage de son avion pour les États-Unis. Amusée, peut-être séduite, Céline accepte.

Une illustration parfaite des relations en voyage ou comment, éloigné de sa vie, de ses barrières, on arrive à se lier à quelqu’un en à peine quelques heures. Le film montre à quel point il est facile, si loin de notre quotidien, de se découvrir, de se raconter, de laisser sa chance à une nouvelle rencontre et avec quelle force le voyage décuple le ressenti et l’intensité de chaque seconde.
Before Sunrise c’est un film sur les débuts du sentiment amoureux et sur la vie qui nous sépare. Sur une histoire vécue à toute vitesse, sur ces parenthèses, passagères, mais dont le gout d’inachevé nous accompagne ensuite tout le reste de notre vie.

Ce qui fait voyager : 

Vienne, j’imagine, si vous n’êtes pas, comme moi, un peu hermétique à l’atmosphère froide des villes de l’Est. Sinon ce sentiment de liberté, d’insouciance offerte par la perspective d’une bulle passagère, hors du temps et loin de chez soi.

Seven Years in Tibet
Jean-Jacques Annaud – 1997
(bande-annonce) 

In this place where time stands still it seems like everything is moving. Including me. I can’t say I know where I’m going nor if my bad deeds can be purified. There are so many things I have done that I regret. But when I come to a full stop I hope you understand that the distance between us is not as great as it seems.

À la fin de l’été 1939, l’alpiniste autrichien Heinrich Harrer, premier vainqueur de la face Nord de l’Eiger et qui rêve de conquérir le Nanga Parbat, sommet inviolé de l’Himalaya, accepte de l’argent nazi pour y planter le drapeau à croix gammée. La guerre éclate. Prisonnier des Britanniques à la frontière de l’Inde, il s’évade. Commence alors la véritable aventure de sa vie: une longue errance qui se termine a Lhassa, résidence du jeune Dalaï-Lama avec qui il se lie d’amitié.

Sortie la même année que Kundun qui montrait le Tibet du point de vue du Dalaï-Lama, le film du réalisateur français, Jean-Jacques Annaud, nous place, lui, dans la peau d’un étranger et illustre le cheminement de Heinrich Harrer (Brad Pitt) et sa découverte de la culture tibétaine, sa spiritualité et son apaisement.
Seven Years in Tibet c’est le voyage dans les bottes d’un visiteur, l’apprentissage d’une culture et l’échange entre deux personnages que tout sépare. On pourra reprocher un certain manque de profondeur, quelques scènes un peu faciles pour un film finalement imparfait, à la véracité historique discutable, mais qui parvient quand même à émouvoir par son jeu d’acteur impeccable, sa sincérité et la force majestueuse de ses décors grandioses.

Ce qui fait voyager :
Un aperçu, même mis en scène, de ce que pouvait être le Tibet des années 40, l’arrivée à Lhassa, capitale d’un pays encore libre.

The Beach – Danny Boyle – 2000
(bande-annonce)

My name is Richard. So what else do you need to know? Stuff about my family, or where I’m from? None of that matters. Not once you cross the ocean and cut yourself loose, looking for something more beautiful, something more exciting and yes, I admit, something more dangerous. So after eighteen hours in the back of an airplane, three dumb movies, two plastic meals, six beers and absolutely no sleep, I finally touch down; in Bangkok.

Richard, jeune Américain, amateur de sensations inédites a choisi l’Asie comme terrain d’élection, dans l’espoir d’y vivre des aventures fortes et exaltantes. Dans un hôtel miteux de Bangkok boudé par les touristes, il fait la connaissance d’un couple de Français, Françoise et Etienne. Dans la nuit, un homme, Daffy, au regard halluciné fait irruption dans sa chambre et évoque une île secrète, une plage paradisiaque, où il aurait vécu plusieurs années au sein d’une petite communauté d’esprits libres. Le lendemain, Richard retrouve une carte de l’île et le cadavre de Daffy.

Adaptation libre, déclinaison pop-corn du livre dont il est inspiré, le film de Danny Boyle se veut moins noir, moins négatif, plus propre et  beaucoup plus américain que le livre d’Alex Garland.
Long métrage « carte postale » d’un réalisateur assagi après un triptyque de films noirs et grinçants, certains voient en « La Plage » le premier faux pas de Boyle. Une œuvre mainstream, commandée, aseptisée et dirigée par Hollywood. Pourtant si l’on ne peut pas nier quelques lourdeurs et un certain nombre de clichés dans le scénario (Richard devenue Americain qui se tape la Française qui, elle, typique, a une tendance quasi automatique au monokini) le film parvient quand même à faire mouche, à dépeindre certaines réalités du voyage.
Alors, peut être que The Beach s’adresse à un public restreint, peut être que le film s’apprécie seulement comme un long métrage contemplatif sur la recherche sans fin de nouveaux paradis et leur destruction inéluctable. Quoi qu’il en soit, The Beach a gagné ses galons de film culte en envoyant des milliers d’apprentis »Dicaprio », de « LeDoyen » wannabe sur les routes asiatiques. Certains d’entre eux se contenteront de revoir le film à la terrasse d’un resto de Ko Phangan, les autres trouveront, en chemin, le point de départ de leur propre aventure.

The Beach c’est la mise en image d’un fantasme de voyageur : La recherche et la découverte d’un endroit isolé, d’un paradis hors des sentiers battus, d’un Eden moderne pour jouer les Robinsons, sans prise de tête ni pommes ni serpent.

Ce qui fait voyager :
L’agitation du faux Bangkok des premières minutes (Phuket, en fait), les panoramas de la plage et sa baie idyllique (Ko Phi Phi Leh, au sud-ouest de la Thaïlande avec quelques retouches informatiques). L’ambiance générale, de la guest house deglinguée du début aux nuits animées des îles du sud. Et puis, bien sûr, l’aventure…

2 Commentaires

  1. AurélienNo Gravatar

    26 février 2012 at 17 h 27 min

    Héhé très bonne idée
    J’ai pris pas mal de notes sur des films que je n’ai pas encore vu ou que je ne connaissais même pas!

    Personnellement j’aime regarder un film qui me fait repenser à un de mes voyages.
    Aurélien Articles récents..Voyage dans le désert marocainMy Profile

  2. lameraboireNo Gravatar

    8 janvier 2013 at 16 h 14 min

    A quand les 20 bouquins (c’est un minimum) pour voyager ;-)

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